Retour vers le passé : Le Sixième Continent (1974)

 

REALISATEUR

Kevin Connor

SCENARISTES

Michael Moorcock et James Cawthorn, d’après l’oeuvre de Edgar Rice Burrroughs

DISTRIBUTION

Doug McClure, John McEnery, Susan Penhaligon, Keith Barron…

INFOS

Long métrage britannique/américain
Genre : aventures/fantastique
Titre original : The Land that time forgot
Année de production : 1974

L’expérience cinématographique de Michael Moorcock, le créateur (entre autres choses trop longues pour être résumées dans cette parenthèse) d’Elric, fut de courte durée. Elle se limite en effet à deux longs métrages sortis dans la première moitié des années 70 : l’adaptation des Les Décimales du Futur par Robert Fuest (que l’auteur a reniée) et cette première transposition sur grand écran des écrits de Edgar Rice Burroughs initiée par les anglais d’Amicus. D’après une interview d’époque, il semble que Moorcock avait prévu de participer aux autres volets de la série, mais ses rapports avec le studio, qui a fait complètement réécrire le dernier acte pour privilégier une action explosive et destructrice (qui survient de manière un brin forcée dans le déroulement du récit), en ont décidé autrement.

En 1974, Amicus était surtout connu pour ses anthologies horrifiques, comme les Tales from the Crypt et autres Le Caveau de la Terreur tirés des légendaires EC Comics, mais comme tout filon, celui-ci a commencé à s’essouffler et Amicus s’est tourné vers un autres genre avant de fermer ses portes à la fin des années 70.
Le Sixième Continent fait partie d’un cycle d’aventures fantastiques qui a porté sur grand écran les écrits de Edgar Rice Burroughs, le père de Tarzan et John Carter. Le Sixième Continent (1974) et Le Continent Oublié (1977) forment un tout et sont inspirés par le cycle de Caspak. Et c’est le cycle de Pellucidar qui a servi de base à Centre Terre, Septième Continent (1976).

 

 

J’ai très peu lu de romans et de nouvelles de Edgar Rice Burroughs (en fait, je n’ai lu que John Carter). Je ne peux donc juger de la fidélité au matériel d’origine. Michael Moorcock (l’un des deux scénaristes crédités avec un certain James Cawthorn qui n’a, si on en croit sa fiche IMDb, jamais travaillé sur un autre film), a déclaré que son scénario original était très fidèle au premier tome du cycle de Caspak (île appelée Caprona à l’écran…et peut-être aussi sur papier, mais encore une fois je ne le sais pas). La première moitié du Sixième Continentprend dans un premier temps la forme d’un thriller (sous-)marin. Pendant la Première Guerre Mondiale, les survivants d’un cargo anglais coulé et un équipage de soldats allemands se disputent le contrôle d’un sous-marin et doivent affronter à la fois les dangers de leur environnement et les autres navires de guerre.

Pendant cette partie au suspense souvent efficace, les personnalités de chacun se dévoilent, ce qui donne lieu à des des situations et des échanges intéressants lors de l’arrivée de la découverte par le sous-marin de l’île de Caprona, un endroit fantastique où l’évolution a pris un tour pour le moins inattendu. Mû par sa curiosité scientifique, le capitaine allemand va mettre ses ordres de côté pour proposer une trêve et travailler main dans la main avec les anglais. La tension reste tout de même de mise avec le personnage du second qui n’apprécie pas vraiment cette collaboration…

 

 

Les trois adaptations d’Edgar Rice Burroughs produites par Amicus (avec la participation des américains d’American International Pictures) ont toutes été réalisées par Kevin Connor (un jeune réalisateur qui avait débuté en 1974 sur Frissons d’Outre-Tombe, un des films à sketchs du studio) et ont toutes pour vedette l’américain Doug McClure, choisi par les financiers américains pour surfer sur sa popularité acquise par son rôle de Trampas dans la longue série western Le Virginien. McClure (qui fut ensuite l’inspiration du Troy McClure des Simpson) est convaincant en héros d’action dans cette suite de séries B au charme désuet et souvent divertissantes malgré des trucages rudimentaires.

Le travail sur les maquettes est tout de même de qualité. On les doit à Derek Meddings, reconnu notamment pour ses James Bond et ses participations aux séries de Gerry Anderson comme Les Sentinelles de l’Air. Les créatures, par contre, ont terriblement mal vieilli. Plusieurs techniques ont été utilisées, comme des marionnettes et des cascadeurs en costumes à la Godzilla, pour un résultat beaucoup trop statique. L’animation image par image à la Ray Harryhausen était trop longue et trop coûteuse…mais on a tout de même échappé à l’astuce très cheap des véritables lézards déguisés avec des cornes sur la tête en guise de dinosaures.

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par Le Doc

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