Retour vers le passé : Superman et les nains de l'enfer (1951)

Dans le cadre du cycle sur les 80 ans de Superman, il est de temps de vous proposer à nouveau ma chronique sur le film Superman et les Nains de l’Enfer (postée pour la première fois en 2015), sorti un an après Atom Man vs Superman.



REALISATEUR

Lee Sholem

SCENARISTES

Robert Maxwell et Whitney Ellsworth

DISTRIBUTION

George Reeves, Phyllis Coates, Jeff Corey, Walter Reed…

INFOS

Long métrage américain
Genre : action/drame
Titre original : Superman and the mole men
Année de production : 1951

Le tout premier super-héros de comics à avoir connu les honneurs d’une adaptation cinématographique fut Captain Marvel/Shazam en 1941, ce qui n’est pas étonnant vu l’immense popularité du fromage rouge de Fawcett Publications, qui vendait à cette époque plus que l’homme d’acier de DC. Le succès du serial (ces “films à épisodes” qui étaient projetés en avant-programme dans les cinémas) en 13 chapitres The Adventures of Captain Marvel déclencha une série de productions du même genre et des personnages masqués comme Batman & Robin, Captain America et même le Vigilante eurent droit à leurs propres serials.
Pour Superman, il faudra attendre la fin de l’âge d’or des serials. Le comédien Kirk Alyn, spécialisé dans les westerns, incarna le double rôle de Clark Kent/Superman dans Superman en 1948 et Atom Man vs Supermanen 1950.

Le héros emblématique de DC allait ensuite conquérir un média naissant, la télévision…et pour bien préparer le terrain, les producteurs de la future série Adventures of Superman décidèrent de la promouvoir avec ce qui deviendra historiquement le tout premier long métrage (enfin, tout est relatif puisqu’il ne dure que 58 mn) mettant en vedette le célèbre kryptonien, Superman and the Mole Men (sorti en France sous le titre Superman et les nains de l’enfer).

 

 

Kirk Alyn fut brièvement considéré pour reprendre les collants et la cape, mais le rôle revint finalement à George Reeves. Jeune acteur prometteur (il fut à l’affiche de Autant en emporte le vent), Reeves eut du mal à se remettre en selle après la Guerre. Superman le rendit célèbre, mais il fut vite catalogué et finit par avoir beaucoup de mal à trouver d’autres opportunités. Quelques mois après la fin du tournage de la 6ème saison de Adventures of Superman, il mourut dans des circonstances qui restent encore étranges.

On doit le scénario de Superman et les nains de l’enfer au duo Robert Maxwell et Whitney Ellsworth. Scénariste et (occasionnellement) dessinateur, Whitney Ellsworth était surtout connu pour ses différents postes d’éditeur pour DC Comics. Il fut aussi pendant une bonne vingtaines d’années le contact officiel de DC à Hollywood. Il était ainsi chargé de superviser les différents projets impliquant les héros de la firme. De consultant sur les serials des années 40, il eut un rôle plus décisif dans les années 50 et collabora à l’écriture du film Superman et de la série qui suivit. Il tenta également sans succès de remettre la franchise Superman sur les rails après la mort de Reeves, via les pilotes rejetés de Superpup et Superboy.

 


Dans Superman et les nains de l’enfer, les journalistes Clark Kent et Loïs Lane se rendent dans la petite ville minière de Silsby pour assister au premier forage d’un puits de plus de 10 km de profondeur. C’est alors que deux étranges petits bonhommes à fourrure surgissent du puits pour examiner de plus près les humains qui ont pénétré leur territoire souterrain. Suite à un malentendu, la foule se met à paniquer et à traquer ces petits êtres finalement bien inoffensifs. Superman va alors essayer de faire régner l’ordre avant que le pire n’arrive…

Tourné en 12 jours pour un budget modique (production Lippert Pictures oblige), le film ne peut bien entendu pas se permettre des coquetteries visuelles pour représenter les pouvoirs de l’homme d’acier (rappelons que dans les serials, les scènes de vol étaient rendues en animation). Ici, lorsque Supes vole, c’est en vue subjective. Lorsqu’on lui tire dessus et que les balles lui rebondissent sur le torse, le trucage est aussi simple qu’efficace. L’interprétation de George Reeves fait le reste. Dans un costume encore perfectible, il impose une belle présence physique et force le respect face à une foule en colère. Le défenseur de la justice, de la vérité et de l’“american way” dans toute sa splendeur…
Il n’y a par contre pas encore une différence véritablement marquée entre son Clark Kent et son Superman, ce qui sera je crois mieux travaillé par la suite.

Par le biais d’une petite série B, les auteurs prêchent la tolérance dans une période excessivement paranoïaque. Ici, les méchants ne sont pas ceux qu’on croient et les petites créatures improbables (aux costumes à la fermeture éclair apparente et au rayon laser fabriqué à partir d’un aspirateur Electrolux) font nettement moins peur qu’une foule avide de lynchage.

 

 

Malgré une réalisation statique, Superman et les nains de l’enfer se laisse encore agréablement regarder, tout en reconnaissant qu’il ne dépasse pas le cadre d’un épisode king-size de la série télé. Et d’ailleurs, le film fut remonté en deux parties et l’histoire retitrée The Unknown People pour servir de final à la saison 1 de Adventures of Superman.

Superman ne reprit son envol sur grand écran qu’en 1978, pour une superproduction qui rentrera dans la légende du cinéma.

Mais ceci est une autre histoire…


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par Le Doc

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