• Critique Ailefroide T.1 par

    En bref : autobiographique initiatique.
    Rochette, le dessinateur que l’on connait depuis Edmond le Cochon, ou le Transperceneige, revient sur son adolescence, sur les hommes et les cimes qui l’ont façonné.
    L’auteur nous fait partager deux de ses passions, l’escalade et la peinture.
    Dans cette BD, l’art rejoint la nature dans la force brut et le choc émotionnel.
    Les pics, même s’ils sont localisés dans la proximité de Grenoble et de l’Oisan, deviennent par le talent de l’artiste, sommets universels, signes, repères, référence d’un chemin initiatique de volonté, de souffrance et de liberté.
    Le dessin devient œuvre d’art ; Les paysages époustouflants, sans artifice, puissant, immense et beau tout simplement. Avec des couleurs sombres et pourtant éclatantes, au cœur d’une lune incandescente ou du soleil des reflétant sur la glace. Certaines cases rendent aussi hommage à Soutine et Madrian, celles qui représentent son accident par exemple, une couleur rouge moirée de sang et de souffrance, puis le noir de l’oubli.
    Le récit est prenant jusqu’à la fin.
    Est-ce un constat d’échec, un renoncement ou une prise de conscience et une reconstruction ? Chaque lecteur peut trouver sa réponse en fonction de sa propre existence.
    J’ai regardé plusieurs fois certains de ces paysages.
    Je peux les voir en vrai, pas très loin.
    Il sont pourtant tellement magnifiés dans cette BD par la passion de l’auteur que les montagnes semblent plus hautes, plus belles, plus sombres aussi parfois que par mes propres yeux.
    Un livre passionnant fait par un passionné.

    7

    vedge - 07 juin 2018

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