Retour vers le passé : L'Homme-Araignée (1977)

 

 

Spider-Man fait son retour au cinéma ce mois-ci avec son premier film se déroulant au sein du Marvel Cinématique Universe. Précédé par un très bon accueil critique, Spider-Man : Homecoming est parti pour faire le plein de billets verts aux Etats-Unis ce week-end avant de débouler dans les salles françaises le 12 juillet.

C'est donc le bon moment pour vous proposer à nouveau mes chroniques sur la première adaptation live du monte-en-l'air...la série télévisée des années 70 !

 

L'HOMME ARAIGNEE (1977)

 

REALISATEUR

E.W. Swackhamer

SCENARISTE

Alvin Boretz, d'après la bande-dessinée de Stan Lee et Steve Ditko

DISTRIBUTION

Nicholas Hammond, David White, Michael Pataki, Hilly Hicks, Lisa Eilbacher...

INFOS

Long métrage américain
Genre : aventures/science-fiction
Titre original : Spider-Man
Année de production : 1977

 

Dans les années 70/80, il n'était pas rare que des téléfilms ou des pilotes de série télévisée soient exploités sur grand écran dans divers territoires (cette pratique s'est raréfiée, mais existe toujours...voir La Journée de la Jupe pour la France ou Ma vie avec Liberace de Steven Soderbergh).
Ainsi, des feuilletons comme L'Incroyable HulkBuck RogersL'Homme qui valait 3 MilliardsBattlestar Galactica ont vu leur épisode pilote ou alors un panachage de 2 épisodes être projetés en France. Ce fut aussi le cas du téléfilm Captain America 2 : Death too soon.
Le Titan Vert et le Vengeur Etoilé ne furent pas les seuls super-héros Marvel que les fans de comics de l'époque ont pu découvrir dans les salles obscures. En mars 1978, ce fut le tour de l'Homme Araignée (parce qu'on ne l'appelait pas encore Spider-Man dans nos contrées au (bon ?) vieux temps des pattes d'eph' et des boules à facettes), star de la mythique revue Strange et d'un dessin animé au générique resté célèbre et diffusé justement sur la première chaîne à la même période.

À la fin des années 70, CBS était un peu le lieu de rendez-vous des super-slips du petit écran : en effet, sur cette chaîne ont été diffusés L'Incroyable Hulk avec Bill Bixby et Lou Ferrigno, Wonder Woman avec Linda Carter (les deux shows les plus célèbres), The Amazing Spider-Man (restée inédite en France à part les épisodes vus au cinéma) et les téléfilms Captain America et Doctor Strange. Il se murmure que c'est pour éviter d'être surnommé le "network des super-héros" que CBS a décidé de se concentrer sur les succès de Hulk et Wonder Woman et de limiter la présence de Spider-Man dans ses grilles de programme. En effet, malgré les bons chiffres de la première saison de 6 épisodes de The Amazing Spider-Man, seuls 7 épisodes furent commandés pour une deuxième saison qui fut quant à elle diffusée sporadiquement, sur une période de deux ans, avant annulation. Malgré un budget effets spéciaux très modeste et par la même occasion incapable de rendre justice aux pouvoirs de Spidey, la logistique était jugée trop coûteuse et le ton de la série,voulu plus terre-à-terre, était sujet à controverse. Pourtant crédité en tant que consultant, Stan Lee n'a pas tardé à exprimer son mécontentement envers le traitement réservé au personnage-phare de la Maison des Idées. Il faut dire que les aventures de l'Araignée étaient vraiment très à l'étroit sur la petite lucarne...ce qu'allait se charger de démontrer ce passage au cinéma en Europe.

 

Honnêtement, avec cet Homme Araignée, nous ne sommes pas dans la catégorie nanar cataclysmique à la Supersonic Man et autres Homme-Puma. Il ne faut y voir qu'un mauvais épisode de série télé, ultra daté, souvent ennuyeux et qui ne fait à aucun moment illusion en tant qu'objet cinématographique.

La partie origines reste assez succinte. Laborantin, Peter Parker tente d'arrondir ses fins de mois en vendant (sans grand succès) des photos au Daily Bugle. Alors qu'une étrange vague de crimes touche la ville, il se fait mordre par une araignée radioactive. Pendant qu'il fait l'apprentissage de ses pouvoirs, il aide à arrêter un voleur à la tire. Grisé par ses nouvelles capacités, il décide de combattre le crime sous le costume de l'Homme-Araignée.
Par souci de rapidité (Peter se fait piquer au bout de 10/15 mn), la production a donc décider de passer à l'as le trauma à l'origine du personnage : pas d'Oncle Ben et pas de "à grands pouvoirs, grandes responsabilités". Il est également difficile de croire à un Peter sans le sou lorsque l'on voit la grande bâtisse dans laquelle il habite avec sa Tante May (pas vraiment la petite maison du Queens). 
Dans le rôle-titre, Nicholas Hammond s'en sort correctement tout en manquant quand même singulièrement de charisme (son brushing reste quand même impeccable en toute circonstance).

 

Parce que je le vaux bien... 

Tante May, Jonah Jameson et Robbie Robbertson sont les seuls autres personnages de la BD présents ici. Tante May ne fait que passer (et tant mieux, elle est mal écrite et l'actrice est assez insupportable) et le comédien qui incarne Robbie est trop jeune pour le rôle (il ressemble plus à son fils Randy). Et pour Jonah, on a droit à un vieux bougon aux faux airs de Pierre Bellemare (qui laissera sa place à un autre comédien pour le reste de la série).

 

Aujourd'hui dans Enquêtes Impossibles : L'Araignée, héros ou menace ?

 

Quand Nicholas Hammond revêt son pyjama...euh, son costume (fidèle oui, mais là ça fait sérieuesement mauvais cosplay avant l'heure)...il laisse la place au cascadeur Fred Waugh qui fait ce qu'il peut avec les moyens du bord, mais qui fait surtout ressembler Spider-Man à un gros balourd qui a bien du mal à adhérer aux murs.

 

L'Araignée, l'Araignée, est un être bien singulier... 

Ce pauvre Spidey déambule interminablement sur des surfaces pauvrement incrustées à l'écran (et à ce propos, la scène où Peter utilise pour la première fois ses pouvoirs...et en plein jour...pour ramper sur les parois de sa maison fait partie de ces grands moments de comique involontaire, même en se remettant avec indulgence dans le contexte), il se bat à plusieurs reprises contre des adeptes du kendo (j'ai toujours pas compris ce qu'ils fichaient là, d'ailleurs) avec qui il finira par faire ami-ami et tente vainement d'apporter du dynamisme à une entreprise qui se révéle au final aussi molle qu'un épisode de n'importe quelle série policière allemande.

 

 c'est ici la pyjama party ?

Les vilains emblématiques du comics sont bien entendu absents. À la télé, l'Araignée affrontera régulièrement des gangsters, et dans ce pilote un maître-chanteur capable d'hypnotiser ses victimes à distance grâce à une machine de son invention. Bref, rien de folichon...

Les vieux lecteurs de Strange se rappelleront certainement d'un article paru au moment de la sortie du film. Je ne me souviens plus du numéro mais je me rappelle que l'image m'avait fortement intrigué quand je suis tombé sur cette promo (faut dire qu'en matière d'adaptation à l'écran, c'était la disette). L'Homme Araignée a connu un succès correct au box-office français (plus de 700.000 entrées, ce n'est pas grand chose maintenant mais c'était pas mal pour l'époque, surtout qu'on était loin du budget d'un Superman).
Une suite sortit donc en 1979, La Riposte de L'Homme Araignée, en fait une compilation des deux premiers épisodes de la saison 1.

 

LA RIPOSTE DE L'HOMME ARAIGNEE (1978)

 

 

REALISATEUR

Ron Satlof

SCENARISTE

Robert Janes, d'après les personnages créés par Stan Lee et Steve Ditko

DISTRIBUTION

Nicholas Hammond, Robert F. Simon, Chip Fields, JoAnna Cameron, Michael Pataki, Robert Alda...

INFOS

Long métrage américain
Genre : action/aventures
Titre original : Spider-Man strikes back
Année de production : 1978

 

À l'occasion de la vente en VHS chez l'éditeur américain Prism Home Video, les épisodes de la série télévisée The Amazing Spider-Man (13 épisodes diffusés sur CBS entre 1977 et 1979) étaient fréquemment couplés pour former des téléfilms de 90 mn et cela sans véritable souci de cohérence et de continuité (par exemple, l'épisode 4 de la saison 1 a été remonté avec le 3ème épisode de la saison 2 avec une scène supplémentaire tournée avec Nicholas Hammond et Chip Fields pour rajouter un lien entre deux intrigues qui n'avaient rien à voir l'une avec l'autre...même les coiffures des héros n'étaient paraient-ils pas raccord...et il faut rappeler que les cheveux de Nicholas Hammond étaient quasiment un personnage de la série).

Seul l'épisode inaugural de la saison 2 n'a pas eu droit à ce traitement et reste l'un des moins connus et rediffusé aux Etats-Unis (cette déclinaison étant je le rappelle toujours inédite en France, à part les deux "films" sortis en 1978 et 1979).
Comme cela arrivait assez souvent à l'époque, plusieurs de ces montages furent exploités dans les salles européennes. Il y eut d'abord le pilote de 90 mn qui sortit en France sous le titre de L'Homme Araignée. Et suite au succès de ce long métrage (plus de 700 000 entrées), Columbia distribua Spider-Man strikes back(qui regroupe les deux premiers épisodes de la saison 1, une aventure en deux parties intitulée The Deadly Dust) en le renommant La Riposte de L'Homme Araignée.

 

 

Trois étudiants de l'ESU, en désaccord avec leur professeur sur la présence de plutonium dans les murs de l'école, volent la substance radio-active et décide de créer une bombe pour prouver que le danger est bien réel (sont cons, ces jeunes). Un milliardaire et marchand d'armes, Mr Blanc (il a des cheveux blancs, il est habillé en blanc, il aime les filles en bikini blanc, ect...), retrouve leur trace, met la main sur la bombe et menace de la faire exploser contre rançon. Mais prends garde, Mr Blanc, car l'Araignée est là...pendant ce temps, Peter Parker doit faire équipe malgré lui avec Gayle Hoffman, une journaliste qui lui met des batons dans les roues et qui est bien décidée à obtenir un entretien exclusif avec l'Homme Araignée...

 

 

 

Autant le dire tout de suite, les choses n'ont guère évoluées depuis le pilote. Les cheveux de Nicholas Hammond sont toujours aussi improbables, l'Araignée se déplace toujours sur les buildings avec le même air pataud quand il ne passe pas son temps à courir dans les mêmes sempiternelles ruelles (mais bon, la seule tentative de le faire évoluer dans les airs donne un résultat aussi ridicule que les mythiques transparences foireuses de L'Homme Puma), les combats sont mal chorégraphiés et les lenteurs abondent. Bref, en tant qu'épisode de série télé des seventies, c'est déjà le bas de gamme. Alors en tant que film, ça ne fonctionne (encore une fois) quasiment à aucun moment (l'impact sur grand écran devait franchement être minimal).

Après David White dans le pilote, le rôle de J. Jonah Jameson a été redistribué et confié à Robert F. Simon, sans perdre ce côté "vieil oncle bougon" aux faux airs de Pierre Bellemare (sauf que cette fois, ce pauvre J.J.J se retrouve avec une calvitie). Jameson sera également l'atout comique de l'escapade hollywoodienne (ce qui sera au final l'occasion de deux ou trois gags plutôt amusants). 
Mais les choix des auteurs restent quand même curieux et font très peu confiance au matériel original. L'assistante de Jameson est le portrait craché de Glory Grant...alors pourquoi appeler le personnage Rita Conway ? 
Pourquoi ne pas utiliser l'un des flics de la BD (comme le Capitaine Stacy) au lieu de créer un Capitaine Barbera qui disparaîtra de la saison suivante ?
Et surtout, dans ces deux épisodes, Robert Janes instaure une dynamique à la Clark Kent et Loïs Lane avec le duo Peter Parker/Gale Hoffman. Mais Spider-Man n'a bien évidemment rien à voir avec Superman et cela provoque un décalage avec la vision du personnage véhiculée par la bande dessinée. 
Malgré de rares moments divertissants (et presque de façon involontaire) et un échange assez intéressant sur le pouvoir et les responsabilités, La Riposte de l'Homme Araignée est globalement très mal écrit...on finit d'ailleurs par se demander comment Peter peut garder son secret en étant aussi maladroit sur sa double identité. Ou alors c'est que Gale Hoffman est moins bonne journaliste qu'elle ne le prétend...

Pour la petite histoire, le show reprend tout de même quelques éléments du comics, comme les lance-toiles (même si ce qu'ils projettent ressemble plus à une corde qu' à de la toile) et les traceurs. La transposition à l'écran du sens d'araignée est modifiée par rapport au pilote et on a droit à un effet très kitsch et complètement raté : les yeux de Peter clignotent et il est assailli de visions prémonitoires.

 

 

 

La Riposte de l'Homme Araignée fera un bide et ne totalisera qu'environ 200 000 entrées au box-office français. Ce qui explique que le troisième film, Spider-Man défie le dragon, en fait le final de la saison 2, restera inédit par chez nous (il sera tout de même exploité en Belgique).

 

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par Le Doc

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