• Critique Le lendemain du monde T.1 par

    Alors ça y est. C’était prévisible et on a laissé faire. Les I.A (Intelligences Artificielles) ont pris leur liberté et leur revanche.
    Elles ont coupé les sources d’énergie en renvoyant l’humanité à l’âge du dirigeable et du bateau à vapeur.
    Mais que veulent-elles ?
    En lavis de couleurs, en silhouettes esquissées plus que tracées, on s’approche de l’épicentre du phénomène ?
    Là où, peut-être, l’explication se trouve.
    C’est plus un voyage onirique qu’une enquête que l’on suit à travers le dessin.
    On n’est jamais sûr de faire plus que rêver, de ressentir plutôt que de lire.
    Dans un cimetière à bateaux, quilles à plat sur un improbable fond de sable, les carcasses prennent vie et couleur par des dessins naïfs d’inquisiteurs rétrogrades.
    Un dialogue en phrases hachées, sans article ni liant, dit la perte de repère d’une administration déboussolée.
    Soudain, en tournant une page, un tableau impressionniste vous saisit ; Ombres portées, couleurs comme jetées, une chute de ciel s’effondrant dans la mer, vous aspire dans son incroyable féérie.
    Des vestiges engloutis de civilisations et un rescapé érigeant son espoir le suive sur la double page d’après.
    C’est beau, puissant d’évocation, dans le silence des mots.
    Esclaves d’un nouveau genre, des génies noirs transformés par l’I.A., sont aux fers dans les soutes d’un exploiteur d’intelligence, un négrier contemporain.
    Même si, à la fin, le rêve semble rejoindre une pathétique réalité de pouvoir et de domination, on souhaite nous aussi, lecteur allégé par ces pages de rêveries biscornues, s’envoler au plus sur quelques notes de musique.
    Il faut lire cette BD, au moins pour savoir si sa magie opère sur vous aussi, ou s’y vous n’y voyez qu’un récit décousu d’un monde fantasmé.

    7

    vedge - 12 juillet 2017

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